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Un GR 20 bis en Corse Sud

Le plateau du CoscioneOu : comment emmener sa tendre moitié en rando sac au dos, dans les somptueux paysages de la Corse sauvage du sud, mais sans se lever à quatre heures du mat’ pour courir au prochain refuge et occuper son couchage jusqu’au dîner ; et en bénéficiant, si on le souhaite, du confort d’une demi-pension...

Carte de l'itinéraire du GR20 bis Sud Corse

Carte du GR20 bis Sud Corse

La solution est simple : il suffit de prendre des petits bouts de « Mare a Mare », de les relier judicieusement et de se constituer ainsi un itinéraire alliant confort et originalité. Les géomètres - qui ne manquent pas tous d’esprit de finesse - comprendront vite qu’il suffit de tracer le GR20 de Conca à Vizzavona, et d’en mener une parallèle partant de Porto-Vecchio et aboutissant à Bocognano, sur la ligne du TGV. Les purs et durs seront peut-être un peu déçus par cette rando bourgeoise et pas vraiment extrême, mais n’en faut-il pas pour tous les goûts - et pour tous les âges - ? Dans la description des sept étapes qui suivent (effectuées en 2004), je ne m’étendrai pas sur les parties qui sont abondamment décrites dans le topo « Entre mer et montagne », pour mieux en détailler les parties « inédites » et permettre, devant une bonne TOP 25, de facilement reconstituer l’itinéraire proposé. En route donc de Porto-Vecchio à Bocognano.

1ère étape : de Porto-Vecchio à Cartalavonu

Le golfe de Porto-Vecchio depuis l'Ospedale

Golfe de Porto-Vecchio depuis l'Ospedale

On aura reconnu le début oriental du Mare a Mare sud.
L’étape est assez courte, mais il faut le temps de rallier le village de rêve, et si Le gîte de Cartalavonucomme nous, l’on a fraîchement débarqué le matin à Bastia, on n’est guère à pied d’œuvre avant 11h30. Et puis le dénivelé n’est pas négligeable, et puis c’est l’étape de mise en jambes, qui débute hélas par pas mal de macadam, à moins qu’une bonne âme à quatre roues ne vous avance jusqu’à l’ « alzu di gallina » (le lever de la poule !).
Le gîte de Cartalavonu est magnifiquement situé, avec une terrasse à la vue panoramique.
Compter 900m de dénivelé, pour environ 5h de marche.

2ème étape : de Cartalavonu à Levie

Le village de Carbini

Carbini

L'église de Carbini

Eglise de Carbini

Le village de Levie

Village de Levie

La Punta di a Vacca MortaLe sentier fait passer sous le belvédère de la « Vacca Morta », qu’il serait dommage de ne pas gravir au passage, car la vue y est vraiment somptueuse sur le sud de l’île, et, par temps clair, sur la Sardaigne voisine.

L'église de Carbini On admirera aussi au passage, la superbe église de style pisan (ces occupants étaient aussi des bâtisseurs !) de Carbini.

A Levie, on trouve bien sûr un gîte d’étape (il était complet lors de notre virée), mais aussi un hôtel à demi-pension très honorable.
Je me suis toujours demandé si Levie signifiait « les routes », mais il faut bien reconnaître que dans les guides, même les plus attachés à l’orthographe corse, les indications de toponymie sont rares, le seul faisant un peu exception étant le Didier-Richard.
Dénivelé : 500m de montée, 900m de descente, pour environ 5h de marche (rajouter 1h si l’on monte à Vacca Morta).

3ème étape : de Levie à Quenza (gîte équestre de Jallicu)

Le site préhistorique de Cucuruzzu

Site de Cucuruzzu

La forêt vers Quenza

Forêt de Quenza

Les aiguilles de Bavella

Les aiguilles de Bavella

A environ trois kilomètres au nord de Levie, le sentier longe le site préhistorique de Cucuruzzu. Il était hélas fermé quand nous y sommes passés, mais il paraît de bonne source que la visite en est fort intéressante. Le chemin poursuit vers le nord, laisse à droite l’embranchement qui permet de gagner Le village de ZonzaZonza, franchit un ruisselet, puis le Rizzanese amont, monte en direction nord-est en longeant une interminable clôture délimitant un parc d’élevage de cerfs (ce jour-là occupés ailleurs qu’à regarder les touristes).
Ensuite, il faut emprunter la branche de droite du Mare a Mare, celle qui rejoint Quenza, après éventuellement un petit crochet par la chapelle Sainte Marie (joli site) ; depuis quelque temps, les aiguilles de Bavella font leur apparition et constituent une grandiose toile de fond. En variante, on peut choisir de passer par Zonza, et la maison du Parc, mais cela rajoute des kilomètres…et du macadam.
Le village de QuenzaQuenza dispose d’un gîte d’étape sympathique que nous avions testé lors d’une virée précédente, mais cette fois-ci, nous visions celui de Jallicu, pour nous avancer en vue de l’étape suivante, la longue traversée du Coscione.
Prévoir 5h30 de marche.

4ème étape : de Jallicu à l'auberge de Bassetta

Le plateau du Coscione

Le plateau du Coscione

Jallicu


J’avais eu beaucoup de mal à obtenir une réponse de ce gîte, étape essentielle dans ma rando, à tel point que j’avais failli renoncer au trek tout entier : je voyais déjà le gîte comble, comme celui de Levie. Et puis miracle, coup de fil de Pierrot : il nous attendait.
Jallicu (Ghjallicu comme il faudrait l’écrire) est le terme d’une longue montée verdoyante depuis Quenza : nous arrivons là-haut passablement fourbus d’une étape assez longue, accompagnés d’un petit vent frais et d’une fine pluie. Nous pensions voir des foules de randonneurs le long du gîte, mais tout était sombre et silencieux, et nous ne savions même pas, parmi les bâtiments du hameau, lequel était le gîte. Nous poussons quelques portes, en trouvons une ouverte et commençons à nous installer, un peu inquiets de ne voir personne…
Pierrot n’arriva qu’une heure après ; nous étions finalement seuls avec lui. Il m’avoua qu’il ne lisait ses fax que tous les trois jours et qu’il était souvent dehors. Visiblement, le ménage n’était pas le point fort de ce vieux célibataire. Mais quelle bombance au dîner !
Le lendemain, avant de nous mettre sur le bon sentier, il nous fit les honneurs de son nouveau gîte en construction. Amis randonneurs ou cavaliers (Jallicu est aussi un gîte équestre), ne manquez cette étape sous aucun prétexte !

L'abri de San Petru

L'abri de San Petru

C’est l’étape de la traversée du Coscione, vaste plateau qui borde à l’ouest la chaîne de l’Incudine.
Autre vue du plateau du CoscioneLe relief y est débonnaire, l’altitude modeste (1500m), la végétation clairsemée, les petits ruisseaux innombrables ; mais attention à ne pas se laisser prendre par cette apparente facilité : le Coscione peut être redoutable, même au mois de juin, comme en témoigne la mort d’une malheureuse marcheuse en 2001. La toponymie est évocatrice : serra longa, piana longa, occhiu niellu (œil noir), nebbiu (brouillard), u biancu (le blanc : l’endroit est réputé pour le ski de fond et les raquettes).

Les habitants du plateau du Coscione

Cochons au Coscione

Le plateau du Coscione

Le plateau du Coscione

Frère randonneur, un peu d’attention en partant de Jallicu. La direction générale de l’itinéraire est nord-nord-est ; bien sûr, tu peux prendre la route (sans être gêné par la circulation !) ; mais il est plus « sauvage » de trouver le sentier qui part, à 300m à l’ouest du gîte, en direction plein nord à l’assaut du (modeste) relief situé entre les ruisseaux de Codi à l’ouest, et de San Petru à l’est : on passe par les cotes 1165 et 1278, en suivant une ligne de cairns, pour rejoindre à l’altitude 1380 la route dans une large épingle. A partir de là, plus de problème d’orientation, on suit la route qui passe devant l’abri de Bucchinera, puis la construction un peu surréaliste du centre du ski de fond, et se poursuit par une piste NE qui rejoint, à l’altitude 1640 celle (plus large) qui provient de l’ancien observatoire. Sans oublier de tourner à G à la bergerie de Cavallara, on ne quittera cette nouvelle voie qu’après Matalza, où l’on aura rejoint une des bretelles (jalonnée en jaune), qui monte de Zicavo sur le GR20.

Avec ce nouveau sentier, on passe devant la chapelle San Petru et l’abri attenant, et l’on parvient à la cote 1284 sur la D428 que l’on prend à D sur 800m jusqu’à l’auberge-gîte de Bassetta.

Sûr que Toussaint et Agnès vous y réserveront le meilleur accueil, devant un feu de bois dans l’immense cheminée s’il fait un peu frisquet.

5ème étape : de Bassetta à Guitera-les-Bains

Le ruisseau de Partuso

Ruisseau de Partuso

Le village de Zicavo

Zicavo

Le but est de retrouver le Mare a Mare centre via l’autre bretelle montant de Zicavo à la Bocca de l’Agnone, sur le GR20.
Pause sur les rives du Partuso Si Toussaint n’est pas là pour vous donner toutes les explications, prenez la D428 sur 600m direction NE, et à l’endroit où elle s’infléchit vers le SE, la quitter pour prendre un bon chemin N jusqu’aux bergeries de Chiasolli ; obliquer au NW, et trouver le sentier bien cairné par les soins de Toussaint, qui, surplombant le ruisseau de Partuso (lieu fameux de canyoning), s’infléchit N, puis NE, traverse le ruisseau (ah le bel endroit !) et trouve de l’autre côté la bretelle évoquée plus haut : il suffit de la prendre à G (NNW) pour retrouver, après 1,5km, le Mare a Mare, balisé orange, arrivant Le village de Guiterade Cozzano. Le prendre à G (W), traverser Zicavo au bout de 2km et continuer, muni du topo, jusqu’à Guitera, où vous attendent Paul-Antoine, son gîte rustique et sa cuisine typique et reconstituante.

800m de descente, 400m de montée, pour 4h30 de marche.

6ème étape : de Guitera-les-bains à Bastelica

Le village de Bastelica

Bastelica

L’Hospitalité corse


Nous étions encore à quatre kilomètres de Bastelica, fatigués d’une étape assez longue aggravée de deux bonnes heures perdues par ma faute au départ de Guitera. Il commençait à pleuvoir, et nous nous demandions dans quel état nous arriverions à l’hôtel ; soudain, une camionnette pick-up s’arrête à notre hauteur, dont le conducteur, largement octogénaire, nous enjoint de monter, en mettant les sacs « derrière ». « Vous allez à Sampiero ? Je vais vous y conduire, mais auparavant vous venez prendre le café chez moi ». Chez lui, nous trouvâmes une délicieuse petite vieille, s’affairant au réchaud en claudiquant pour nous préparer le café. « Eh oui, j’ai de l’arthrose de la hanche, je crois que je vais aller à Ajaccio me faire opérer ». Nous eûmes du mal à lui faire comprendre qu’elle devait prendre rendez-vous : encore une qui ne ruinait pas la sécurité sociale !
Le mari qui s’était éclipsé entre-temps, revenait avec un énorme saucisson : « tenez, c’est ma production, vous le dégusterez à notre santé.. » Un peu plus tard, il nous accompagnait à l’hôtel, nous laissant une douce chaleur dans le cœur.
Le lendemain, le patron de l’hôtel nous déposait gracieusement au col de Scalella « pour vous avancer ».
Bref, dans les dîners en ville, nous défendons toujours les Corses…

Longue étape, donc ne vous plantez pas comme nous, ne partez pas vers Tasso, mais bien en direction de Quasquara. Parvenu au bout de 2km à la Bocca di Lera (carrefour de nombreux chemins, dit le topo), quitter le Mare a Mare, pour prendre un sentier qui part NNW : son départ n’est pas évident, mais il est très bien représenté sur IGN, et l’on trouve vite de vieux balisages orange. Quatre kilomètres de douce montée N sur un chemin bien dégagé, face au chaînon de la Forca d’Olmu, jusqu’au col d’Arusula, où l’on trouve une piste NNE menant à une bergerie ; le sentier se poursuit au-delà, en surplombant en RD le ruisseau de Calderamolla, et rejoint après 1km une piste que l’on prend à D pour gagner le pont de Bronco sur la rivière d’Ese (attention à l’enchevêtrement de pistes aux abords de cet ouvrage). Du pont, on remonte en 3,5km au col de Ciano sur la D27a, qu’il suffit de suivre à G sur 3km pour rejoindre Bastelica… à moins que, comme nous, vous trouviez un vieux paysan venant de nourrir ses cochons, qui vous prenne en 4X4 et vous évite le macadam et la pluie.
Bastelica, gros bourg en plusieurs quartiers, et ressource hôtelière très honorable : nous avions choisi l’hôtel Sampiero, cossu, bon et d’accueil fort aimable.
700m à la montée, 350m à la descente, pour 5h de marche.

Le village de Bastelica

Bastelica

7ème étape : de Bastelica à Bocognano

Au col de Scalella

Col de Scalella

Rencontre insolite

Rencontre insolite

Faut-il l’avouer ? Nous avons triché car nous ne voulions pas rater le TGV et conséquemment le bateau de Bastia. Le patron du Sampiero nous ayant La cascade du Voile de la Mariée près de Bocognanoproposé de nous déposer au col de Scalella, nous eûmes la faiblesse d’accepter, et de là de suivre la D27 jusqu’au bout, en faisant bien sûr une visite à la célèbre cascade du Voile de la Mariée. Belle descente, avec en décor lointain le massif du Monte d’Oro, et vraiment super-tranquille pour une départementale.
Il y a certainement mieux à faire, ami randonneur, pour effectuer cette liaison : si j’avais eu le temps, j’aurais certainement tenté le sentier qui monte au NNE de Bastelica, laisse à l’W la Punta Volta, passe par les bergeries de Verdanese et rejoint à l’E de la Punta Farajello le sentier qui, du col de Scalella, descend sur Bocognano (j’ai vérifié que la fin de ce sentier existait bien, avec un jalonnement orange).
Donc je suis preneur de tuyaux, pas trop anciens si possible.

En guise de conclusion

Nous avons bien aimé cette rando qui nous a fait pénétrer le cœur de la Corse du sud, sans stress, et avec un confort certes rustique, mais appréciable. De bout en bout, le chemin peut être qualifié de TF (très facile), suivant la cotation du guide Didier-Richard.
Le principal inconvénient de la version décrite est qu’elle laisse de côté Bavella et ses aiguilles. La liaison Cartalavonu-Bavella est très longue, sans gîte intermédiaire, et excédait nos capacités physiques. On peut aussi partir de Bavella, et après la variante alpine du GR20, obliquer vers Quenza et rejoindre notre route. Nous avons préféré garder les aiguilles en toile de fond…
Et bien sûr, toute question ou suggestion est la bienvenue.
Bonne virée !

NDLR :


Ce circuit est proposé par François Despax.
Intuitivement, il me semble exclu que ce circuit puisse être beaucoup fréquenté, même l'été. Néanmoins, il comporte toujours l'aléa de la réservation dans les gîtes et les refuges du parcours.
François l'a pratiqué sous la forme décrite ci-dessus en mai 2004 : tenir compte, donc, de la date de ces informations quant à la nécessité éventuelle de les mettre à jour pour réaliser tout ou partie de ce circuit.

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