Ravinisme en Corse

Punta Minuta et ravin de la Solitude

Corse, paradis du ravinisme

Un réseau hydrographique varié en territoire montagneux raide et sauvage, une eau abondante sauf l'été (et encore), un climat exceptionnel, une roche majoritairement granitique d'une dureté et d'une beauté incomparables, des ravins situés souvent à basses altitudes et les joies des approches en maquis, font de la Corse l'un des paradis du ravinisme dans le monde, au même titre que le canyonisme ! C'est d'ailleurs l'un des moyens les plus aisés de pénétrer dans les territoires envahis par le maquis où seule l'eau a pu creuser des tranchées permettant d'avancer sans végétation.

En quoi consiste le ravinisme ? C'est une activité de la même veine que le canyoning, aux détails suivants près :

  • Le sens de pratique, puisque là c'est à la montée et non à la descente
  • L'objectif aquatique qui est inverse, puisque l'on cherche à éviter l'eau
  • Le matériel, plus simplifié pour une randonnée technique ne comportant normalement pas d'escalade, ni de rappel

Et pourtant, cela n'a que de lointains rapports avec de la randonnée : la pratique hors sentiers, les compétences en orientation, l'engagement, l'éloignement, les notions de natation (on ne peut pas toujours éviter l'eau) et d'escalade nécessaires ainsi qu'une certaine débrouillardise sont symptomatiques de cette activité et la différencient de la randonnée classique.

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Avertissement de sécurité

Cet article sur le ravinisme en Corse ne saurait commencer sans un préambule concernant la sécurité en ce domaine et un avertissement concernant cette pratique, analogue à celui indiqué pour l'article sur le canyoning. Les problèmes sont identiques puisque, pour simplifier, on parcoure dans un cas à la montée ce que l'on descend dans l'autre cas : dans toutes les situations, ce sont des gorges de montagne parcourues par l'eau !

Il faut bien comprendre que cette activité est à risques, que l'hélicoptère n'est pas toujours là en Corse et qu'un minimum de formation ou d'expérience est nécessaire pour pratiquer sans accompagnement expérimenté ou encadrement. En particulier, il est utile de rappeler les quelques conseils de base :

  • Prendre la météo et s'assurer qu'elle est correcte : en Corse, comme ailleurs, l'orage n'est pas rare et se faire prendre par une crue est une catastrophe. Se méfier des orages sur le bassin versant en amont, surtout s'il est invisible !
  • Avoir une bonne condition physique : marche sur sentier, marche sur des blocs, nage en cours d'eau, eau froide, escalades sont des éléments le nécessitant
  • Prendre un matériel approprié : cordelette de 30m, quelques sangles et mousquetons, éclairage, pharmacie, nourriture, éventuellement matériel de bivouac, vêtements de circonstance (sac à dos de plus de 30 l, pélerine, veste montagne, polaire, chaussures montagne, pantalon et pas seulement short, bonnet, lunettes de soleil, rechanges minimum)
  • Avoir des rudiments de techniques d'escalade, souvent utiles dans ce milieu
  • Partir accompagné et prévenir quelqu'un de son itinéraire et de ses horaires prévisionnels.

Ce sont les conseils habituels en randonnée un peu technique et hors sentier, renforcés ici par l'engagement et l'éloignement que l'on rencontre souvent en Corse et par le fait que l'on soit dans une gorge parcourue par l'eau et que l'on ne puisse pas trop compter sur une aide extérieure !

Vers le sommet du ravin de la Solitude

Caractéristiques des ravins corses

Ce sont celles déjà indiquées pour les canyons, puisque ce sont les mêmes à la montée :

  • Une géologie marquée par des granites (80/85 % de la surface environ) au NW et au Sud et des schistes à l'Est et dans le Cap Corse, avec toutes ces roches profondément marquées par les sculptures des tavoni (ou tafoni : érosion en nid d'abeille liée au vent et au sel), ce qui donne sur le versant occidental des vallées profondément creusées, des dénivellations fortes et des pentes raides beaucoup plus marquées que sur le versant oriental
  • Des paysages spectaculaires et grandioses, surtout en terrain granitique, avec des eaux cristallines et des vasques somptueuses, s'étalant à toute altitude et jusqu'à la mer elle-même (célèbre exemple du ravin du Dardu à Piana)
  • Des ravins encaissés, raides, pentus, déchiquetés qui en rendent leurs parcours compliqués et pénibles : rien à voir avec les canyons plats et sableux de l'Utah !
  • Un climat très irrégulier, mais permettant une pratique tout au long de l'année :
    • l'été, très chaud et sec, est marqué par l'étiage des torrents, pas mal de canyons secs à cette époque et des orages redoutables
    • l'automne est la saison la plus arrosée, avec des crues dévastatrices, et peu favorable à la pratique sauf aux périodes d'après crues
    • l'hiver, avec la neige et le froid qui arrivent en gros fin novembre, est une saison à débit variable mais qui permet une pratique régulière
    • le printemps est lui sujet à des débits très irréguliers et donc une alternance de périodes où la pratique est possible et d'autres où elle ne l'est pas
  • Des accès qui n'ont rien à voir avec ceux du continent : pas de panneaux, pas de balises, pas de peinture et des topos qui étaient jusqu'il y a peu de temps peu explicites. Et bien sûr, pour couronner le tout, des sentiers inexistants ou aléatoires, des traces à vous faire avaler votre casque, le tout dans cet environnement végétal inépuisable que constitue le maquis (Cf. Progression en maquis corse)
Tête de M...ort !

Expérience personnelle

Le ravinisme en Corse est une inclination naturelle pour qui cherche à sortir des sentiers et à explorer des vallées non parcourues (Polisceddu, ...) ou dont les parcours ont été abandonnés (Purcaraccia, ...). C'est une activité que je pratique beaucoup en solo, même si ce n'est pas très recommandé sur le plan de la sécurité ! Lorsque je suis arrivé en Corse en 1983, avec une femme enceinte et un enfant de un an et demi, nous avions choisi l'île parce que c'était l'idéal pour conjuguer lieu de résidence au bord de la mer et possibilité d'aller en montagne tous les jours depuis la côte sans avoir à faire des parcours trop longs en voiture. J'ai donc pris l'habitude à l'époque de partir seul en randonnée et, petit à petit, de remonter, seul auss,i ces superbes ravins qui m'étaient proposés. Plus tard, aussi, il apparût difficile d'emmener les enfants avec nous dans ce genre de randonnée dont ils ne comprennent jamais très bien la finalité s'il n'y a pas un objectif ludique au bout : lac, canyon, escalade, ...

Il faut bien le dire, j'adore cette pratique en solo grâce à l'harmonie plus intense avec la nature que l'on y ressent, dans ces coins sauvages et éloignés de tout, ainsi que pour l'adrénaline considérablement renforcée qu'elle procure dans le franchissement des nombreux obstacles que l'on y trouve. Il n'empêche que je suis bien conscient que le moindre incident (entorse, orage, ...) peut dégénérer en galère et faire tourner en cauchemar une randonnée considérée comme facile au départ.

Ravin érodé des Ferriate

Les ravins parcourus

La suite de l'article se contente d'indiquer les courses que nous avons parcourues, des photos les accompagnant et une appréciation subjective pour les citer. Ces courses sont classées selon les trois catégories suivantes, correspondant aux principales régions géographiques où l'on trouve les grands ravins corses :

  • Le Falasorma : C'est l'une des régions majeures pour le ravinisme que cette arrière-pays du Falasorma (ou Filosorma), parcouru par le fleuve Fangu et ses entrelacs d'affluents majeurs. La partie des ravins constitue tout le versant Ouest de la Grande Barrière, arête monstrueuse vers 2200/2300m qui relie la Punta Minuta au Nord à la Paglia Orba au Sud
  • Bavedda : C'est, bien entendu, l'autre grande région du ravinisme de l'île, avec ses deux grandes arêtes, Asinao à l'Ouest passant par Punta di u Furnellu et allant jusqu'à Tova, Paliri à l'Est allant jusqu'aux aiguilles d'Urnucciu au Nord puis descendant vers l'Est jusqu'à Conca : le réseau de ravins constitué autour de ces deux grandes arêtes est une source inépuisable de courses et d'explorations
  • Haut-Cavu et Osu : Nouvelle micro-règion, annexe de celle de Bavedda, mais beaucoup moins connue qui a été rajoutée pour en faire sa promotion et parce qu'elle est mon terrain de jeu le plus proche
  • Autres ravins : Un dernière page consacrée à quelques ravins parcourus dans d'autres vallées majeures du ravinisme : Spasimata, Ascu, Niolu et Porto/Ota
  • La liste des courses classées par région est donnée sur la partie gauche de la page avec un accès direct possible pour chaque randonnée

Avertissement : les parcours de ravins présentés dans les pages de cette rubrique ont été réalisés sur une période de près de 25 ans et les informations indiquées peuvent donc ne pas être du tout à jour. En Corse, plus qu'ailleurs, l'état de la végétation, des sentiers, des bergeries, des abris, des refuges, ainsi que le niveau de l'eau, sont des variables extrêmement fugitives et fluctuantes qui devraient être vérifiées et mises à jour avant toute course ou bien être intégrées comme obstacle éventuel lors du parcours. Pour vous informer de la fraîcheur des informations, la date de mon dernier parcours est indiquée entre parenthèses pour chaque parcours de ravin décrit.

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